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Depuis 2024, la crise de l’intérim en France se traduit par une baisse continue des volumes, inégale selon les activités et les territoires. Pour les entreprises qui recrutent des intérimaires, ce recul, ses causes et ses écarts entre secteurs et régions changent la façon d’anticiper les besoins en personnel temporaire.
Quelle est l’ampleur du recul de l’intérim ?
Le marché de l’intérim recule depuis trois années consécutives. La baisse ralentit en 2026 sans s’inverser, et sa lecture dépend de l’indicateur retenu : nombre de personnes, volume de travail ou nombre de contrats.

Une baisse installée depuis 2024
L’activité intérimaire mesurée en ETP (équivalents temps plein, soit les heures travaillées ramenées à des postes à temps complet) a diminué de 7,3 % en 2024. Elle a de nouveau baissé de 4,6 % en 2025, troisième année consécutive de recul. Plusieurs relevés de 2025 précisent cette dégradation :
- Avril 2025 : 690 000 ETP, contrats de mission et CDI intérimaires compris, soit 42 000 ETP de moins qu’un an plus tôt (−5,7 %).
- Janvier à avril 2025 : une baisse annuelle moyenne de 6,8 % de l’emploi intérimaire en ETP.
- Juin 2025 : un repli de 7,4 % sur un an, selon un baromètre professionnel.
Selon l’Insee, les embauches en intérim ont diminué de 1,5 % en 2025. Fin 2025, l’emploi intérimaire restait 8,9 % sous son niveau d’avant-crise sanitaire.
Un marché encore orienté à la baisse en 2026
Au premier trimestre 2026, le nombre d’intérimaires a reculé de 0,4 %, soit 3 000 personnes de moins, selon la Dares.
Le repli s’est accentué au deuxième trimestre : les effectifs intérimaires ont perdu 1,0 % sur le trimestre (6 700 personnes de moins). Sur un an, la baisse atteint 1,7 %.
Fin juillet 2026, la Dares dénombre 707 000 intérimaires. Les effectifs progressent de 1,1 % sur un mois, mais restent 1,0 % sous leur niveau de juillet 2025, un rebond mensuel ne suffit donc pas à signaler une reprise.
Des indicateurs à ne pas confondre
Environ 2,9 millions de personnes ont effectué au moins une mission d’intérim en France en 2024. Ce total annuel montre ce que représente travailler en intérim, c’est-à-dire enchaîner des missions plus ou moins longues, mais il ne mesure pas les effectifs présents à une date donnée.
Le nombre de contrats raconte encore autre chose. En 2025, selon la Dares, 20,0 millions de missions d’intérim ont été signées sur 45,8 millions de contrats dans le secteur privé de France métropolitaine (hors agriculture). Les CDD représentaient 21,9 millions de contrats et les CDI 4,0 millions. Au deuxième trimestre 2026, le volume en ETP est resté stable malgré la baisse des effectifs.
Pourquoi l’intérim recule-t-il ?
Le recul de l’intérim tient d’abord à sa fonction : il sert d’ajustement lorsque l’activité fléchit. Chaque activité y ajoute toutefois des facteurs propres, et une partie des besoins se reporte vers d’autres formes de contrat.
Une variable d’ajustement face au ralentissement
Lorsque l’activité ralentit, une entreprise peut réduire ou ne pas renouveler ses missions avant de toucher à ses effectifs permanents. À l’inverse, quand la reprise reste incertaine, elle peut recourir d’abord à l’intérim avant de recruter en CDI. Quatre mécanismes peuvent freiner ce recours :
- La contraction des commandes : moins de production à assurer, donc moins de renforts à mobiliser.
- Le report de chantiers : des besoins décalés dans le temps plutôt que supprimés.
- L’incertitude sur l’activité : des décisions de renfort retardées faute de visibilité.
- L’arbitrage entre contrats : une mission temporaire mise en balance avec un CDD, un CDI ou une organisation interne.
Les sources disponibles ne chiffrent pas la contribution de chacun de ces mécanismes au recul global.
Des causes différentes selon les activités
En avril 2025, la baisse dans les transports tenait d’abord à un net repli des activités de poste et de courrier. Dans les services, de nouvelles contraintes réglementaires sur l’intérim médico-social ont pesé sur les missions.
L’industrie évoluait au même moment dans une conjoncture volatile, perturbée par les incertitudes internationales. Le BTP faisait exception : son rebond était probablement lié à la reprise printanière des chantiers et à une météo favorable.
Des besoins qui changent parfois de forme
Un besoin temporaire ne disparaît pas forcément avec la mission : il peut être couvert par un CDD, un recrutement direct, un détachement (un salarié envoyé en France par un employeur établi dans un autre pays) ou une prestation externe.
Une difficulté de recrutement ne signale pas non plus, à elle seule, une demande d’intérim sur le marché de l’emploi. Le poste peut être durable, et les qualifications, la rémunération, la distance, les horaires ou les conditions d’accès peuvent compliquer le recrutement, autant de freins que recense le guide des solutions contre la pénurie de main-d’œuvre.
Quels secteurs et profils sont les plus touchés ?
Les secteurs n’ont pas suivi la même trajectoire : l’industrie s’est redressée fin 2025, quand la construction a décroché en 2026. Dans plusieurs secteurs, les difficultés de recrutement persistent malgré la baisse des volumes.

Des évolutions sectorielles contrastées
En avril 2025, seul le BTP progressait sur un an (+1,4 %), tandis que les transports chutaient de 11,4 %. En décembre 2025, un baromètre professionnel montrait l’inverse : l’industrie gagnait 5,1 % en ETP, alors que le commerce perdait 10,2 %.
Au deuxième trimestre 2026, la Dares relève un net repli de la construction (−8,5 % sur un an). En août 2026, le baromètre Prism’emploi note un recul de 1,7 % dans les transports et la logistique, mais des hausses dans l’industrie et le commerce.
| Secteur | Avril 2025 (sur un an) | Décembre 2025 (sur un an, ETP) | T2 2026 (sur un trimestre / sur un an, Dares) | Août 2026 (Prism’emploi) |
| BTP / construction | +1,4 % | −2,2 % | −3,4 % / −8,5 % | — |
| Industrie | −6,0 % | +5,1 % | −0,4 % / +1,3 % | +0,2 % |
| Services / tertiaire | −7,5 % | −4,8 % | −0,4 % / −1,2 % | — |
| Transports (et logistique) | −11,4 % | −6,3 % | — | −1,7 % |
| Commerce | −5,2 % | −10,2 % | — | +3,0 % |
Des recrutements difficiles malgré le recul
En 2026, France Travail recense 139 670 projets de recrutement dans la construction, dont 65,2 % jugés difficiles. Ces projets couvrent plusieurs types de contrats et ne mesurent pas les missions d’intérim.
Plusieurs métiers d’ouvriers qualifiés de l’industrie restent difficiles à recruter. La part des projets jugés difficiles atteint 80,4 % pour la conduite d’équipement d’usinage et 77,6 % pour la chaudronnerie et la tôlerie. Elle s’élève à 71,2 % pour les soudeurs.
La conduite de véhicules compte 68 180 projets de recrutement, dont 51,7 % jugés difficiles. Le baromètre d’août 2026 signale aussi des tensions persistantes sur les caristes.
Des besoins saisonniers et de services
France Travail recense 83 880 projets de recrutement de viticulteurs et d’arboriculteurs en 2026, dont 95,2 % saisonniers. Pour les récoltes et les vendanges, Leader-interim propose notamment des ouvriers polyvalents, des tractoristes et des agents arboricoles dans le cadre de son intérim agricole avec des travailleurs roumains.
L’aide à domicile totalise 69 560 projets de recrutement d’aides à domicile et d’auxiliaires de vie, dont 62,3 % jugés difficiles. Dans l’hôtellerie-restauration, nous proposons des profils temporaires pour la réception, le service, la cuisine et les étages, via notre offre d’intérim roumain en hôtellerie-restauration.
Comment la crise varie-t-elle selon les régions ?
Aucune région métropolitaine n’a échappé à la baisse, mais son ampleur varie fortement d’un territoire à l’autre. Les besoins de recrutement restent élevés dans plusieurs régions, tous contrats confondus.

Des baisses d’ampleur inégale
En avril 2025, la baisse annuelle allait de 0,9 % en Bretagne à 9,2 % en Nouvelle-Aquitaine. En décembre 2025, un baromètre professionnel relevait un repli de 12,6 % en Île-de-France. Il atteignait 3,7 % en Nouvelle-Aquitaine et 3,0 % dans le Grand Est.
Le poids du CDI intérimaire varie aussi. En avril 2025, il représentait 11,5 % des effectifs dans les Pays de la Loire et 10,6 % dans les Hauts-de-France. La Normandie atteignait 8,4 %, contre 3,7 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur comme en Bretagne, et 3,0 % en Île-de-France.
Des besoins de recrutement toujours présents
Selon France Travail, les Hauts-de-France comptent 151 279 projets de recrutement en 2026, dont 43,2 % jugés difficiles, tous contrats confondus.
Le Grand Est en recense 162 940, dont 46,2 % jugés difficiles, une tension un peu plus forte que dans les Hauts-de-France.
À l’échelle d’un secteur, l’Occitanie compte 9 150 projets dans la construction, dont 61,1 % jugés difficiles. Ces projets d’embauche ne constituent pas un décompte des missions d’intérim.
Comment interpréter les écarts territoriaux ?
La Dares rattache chaque mission à la région de l’établissement où elle s’effectue, qui peut différer de celle de l’agence. Le poids local de l’industrie, de la construction, de la logistique, de l’agroalimentaire et des services aide à lire les écarts, sans suffire à expliquer une variation isolée.
La saisonnalité et l’évolution des grands sites employeurs modifient aussi les besoins d’un territoire. Congés, jours fériés, récoltes et calendriers de production peuvent déplacer des missions d’un mois à l’autre : comparez donc plusieurs mois avant de conclure à une tendance.
Quelles conséquences pour les entreprises utilisatrices ?
Pour vous, entreprise utilisatrice, la baisse des volumes ne signifie ni la fin des besoins ni une baisse automatique des coûts. Elle impose de choisir le bon contrat et de sécuriser chaque recours.
Une baisse qui ne supprime pas les besoins
Selon France Travail, les employeurs prévoient 2,275 millions de recrutements en 2026, soit 6,5 % de moins qu’en 2025. Les difficultés se réduisent : 43,8 % des projets sont jugés difficiles, contre 50,1 % un an plus tôt. Moins de missions peut néanmoins produire trois effets :
- Des pics moins bien absorbés : faute de profils adaptés, un surcroît d’activité devient plus difficile à couvrir.
- Des absences plus longues à remplacer : le délai de remplacement peut s’allonger.
- Une charge déplacée : le travail peut glisser vers les équipes permanentes, les heures supplémentaires, les plannings ou la sous-traitance.
Supprimer des missions ne démontre donc pas, à lui seul, une baisse du coût total.
Des choix à fonder sur le besoin réel
Comparer l’intérim à un CDD ou à un recrutement direct suppose d’examiner la rémunération et les cotisations, la recherche des candidats et le délai de remplacement. L’intégration et la continuité du travail après la mission comptent aussi. Leader-interim recommande de préciser en amont les qualifications, les horaires, la durée et les habilitations nécessaires.
Le CDI intérimaire lie le salarié à une entreprise de travail temporaire pour des missions successives, sans garantir une affectation permanente. La mission débouche parfois sur une embauche : en 2017, 37 % des intérimaires se sont vu proposer une autre forme de contrat par leur entreprise utilisatrice, selon une observation sectorielle citée par l’Insee.
Un recours temporaire à sécuriser
Les contrats de travail temporaire ne peuvent pas pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente, selon les articles L. 1251-5 à L. 1251-8 du Code du travail. Nous recrutons des travailleurs roumains qualifiés et organisons leur transport et leur hébergement, avec une prise de poste sous deux à trois semaines. L’employeur roumain transmet la déclaration SIPSI, que vous vérifiez. Le formulaire A1 atteste la sécurité sociale applicable, et l’intérimaire bénéficie des droits applicables dans votre entreprise, notamment de rémunération, comme le détaille notre guide de l’intérim à l’international.
Foire aux questions
Dans quels cas le recours à l’intérim est-il interdit ?
L’intérim est notamment interdit pour remplacer des salariés grévistes, pour certains travaux dangereux et sur certains postes supprimés après un licenciement économique. Un motif artificiel ou un besoin permanent peut entraîner une requalification en CDI.
Quelle est la durée maximale d’une mission d’intérim ?
Sauf disposition conventionnelle dérogatoire, une mission dure au maximum 18 mois, renouvellements compris. Certains motifs prévoient des plafonds de 9 ou 24 mois. Un contrat à terme précis peut en principe être renouvelé deux fois dans cette limite.
Un travailleur roumain a-t-il besoin d’un visa pour travailler en France ?
Non. Un ressortissant roumain peut travailler en France sans visa ni autorisation de travail, à condition de présenter une pièce d’identité valide.
En combien de temps Leader Intérim peut-il répondre à un besoin agricole urgent ?
Pour un besoin agricole urgent, nous pouvons mobiliser des travailleurs en 24 à 72 heures, notamment grâce à notre vivier d’intérimaires roumains, dont certains sont déjà en France. Nos missions durent d’une semaine à plusieurs mois.
Comment les agences d’intérim s’adaptent-elles à la baisse des volumes ?
Les entreprises d’intérim peuvent diversifier leurs secteurs et leurs compétences RH tout en conservant une présence locale. Dans le secteur de l’intérim, la dématérialisation et l’automatisation concernent surtout les tâches administratives.

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