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Le recours à l’intérim détaché travailleurs étrangers obéit à des règles précises. Avant toute mise au travail, l’entreprise doit vérifier le régime applicable au travailleur détaché en France, notamment au regard du code du travail et des textes européens. La réglementation détachement UE fixe, à ce titre, le socle minimal à respecter lorsqu’un salarié est envoyé temporairement sur le territoire français.

Le travailleur étranger en intérim détaché en France
L’intérim détaché définition : de quoi parle-t-on ?
Un salarié employé par une agence d’intérim étrangère est envoyé pour une mission temporaire en France, tout en conservant son contrat avec son employeur d’origine. Le lien de subordination reste donc attaché à l’entreprise étrangère, et non à l’entreprise utilisatrice française.
Ce régime repose sur la directive 96/71/CE et sa révision par la directive 2018/957/UE. Ces textes encadrent le détachement de travailleurs au sein de l’Union européenne et imposent, dès l’arrivée en France, l’application d’un noyau dur de règles locales en matière de travail.
La différence entre intérim et détachement de travail
D’un côté, l’intérimaire recruté localement par une agence d’intérim française. De l’autre, le travailleur détaché mis à disposition par une agence étrangère dans le cadre d’une prestation transfrontalière. Dans cette seconde situation, l’agence étrangère conserve la responsabilité juridique principale, en particulier sur ses obligations sociales.
Le travail temporaire réalisé par une agence étrangère constitue l’un des cas reconnus de détachement, avec la prestation de services directe et la mobilité intragroupe. Notre page consacrée au travailleur détaché détaille ce cadre.
Les conditions de travail et la rémunération applicables en France
Dès le début de sa mission, le travailleur détaché en France bénéficie des règles essentielles applicables aux salariés locaux. La rémunération minimale atteint 11,65 € brut par heure en 2024, sur la base du SMIC. En intérim, les travailleurs intérimaires concernés perçoivent aussi l’indemnité de fin de mission (10 %) et l’indemnité compensatrice de congés payés (10 %).
- Durée du travail : application de la durée légale de 35 heures hebdomadaires et des temps de repos prévus par le code du travail.
- Heures supplémentaires : majoration minimale de 25 %, à compléter, le cas échéant, par les dispositions de la convention collective applicable.
- Congés payés : au moins 25 jours ouvrables par an, avec prise en compte des jours fériés et des protections liées à la maternité, à la paternité et aux libertés individuelles.
- Frais de mission : transport, hébergement et repas restent à la charge de l’employeur étranger; aucune retenue ne peut être opérée sur la rémunération du salarié.
Le statut administratif varie selon la nationalité. Pour les ressortissants de l’Union européenne, une pièce d’identité en cours de validité suffit généralement. Pour un ressortissant hors UE, un titre de séjour et une autorisation de travail valides sont nécessaires avant toute prise de poste. En matière d’intérim travailleur étranger, ces vérifications font partie des obligations de l’agence et de l’entreprise d’accueil.
Obligations administratives pour le salarié détaché en France
En France, chaque détachement de travailleurs impose un cadre administratif précis. Déclaration préalable, justificatifs de sécurité sociale, conservation des documents obligatoires : ces obligations concernent à la fois l’ employeur et, selon les cas, le donneur d’ordre. En pratique, un manquement peut entraîner des sanctions financières rapides, voire une requalification du travail réalisé.

Déclaration SIPSI : l’étape préalable à la mission
Pour les travailleurs détachés étrangers en France, la déclaration SIPSI reste le point d’entrée. Elle doit être transmise exclusivement en ligne, au moins 48 heures avant le début de la mission. L’attestation générée après validation sert de preuve lors d’un contrôle de l’inspection du travail.
- Identité de l’entreprise : raison sociale, adresse et coordonnées complètes de l’ employeur étranger.
- Liste des salariés : noms, prénoms, nationalité, poste occupé et durée prévue du détachement pour chaque salarié.
- Représentant en France : coordonnées d’une personne habilitée à échanger avec l’inspection du travail et à signer les pièces utiles.
En cas d’absence de déclaration, l’ employeur s’expose à une amende de 4 000 € par salarié, portée à 8 000 € en cas de récidive. Le donneur d’ordre peut être sanctionné dans les mêmes conditions s’il n’a pas vérifié l’existence de cette formalité.
Formulaire A1 : affiliation sociale et cotisations
Sur le volet social, le formulaire A1 est déterminant. Il prouve que le salarié détaché reste affilié au régime de son pays d’origine pendant la mission. En conséquence, il n’est pas soumis, en principe, aux cotisations sociales françaises durant cette période. Ce document, obligatoire depuis avril 2017, doit être obtenu avant le départ auprès de l’organisme de sécurité sociale du pays d’envoi.
Sa durée maximale est fixée à 24 mois. Au-delà, une affiliation au régime français peut devenir nécessaire. En l’absence d’un A1 valide, l’entreprise s’expose à un redressement de cotisations sociales en France, un point sensible dans tout recrutement de travailleurs étrangers, notamment en intérim.
Documents obligatoires à conserver pendant le détachement
Pendant tout le travail détaché, l’entreprise doit pouvoir présenter sans délai les documents obligatoires. Leur conservation pendant au moins trois ans est imposée par la loi. Un dossier incomplet, ou transmis trop tard, peut être interprété comme une situation de travail non déclaré.
- Contrat de travail : document original traduit en français, remis dans les deux jours ouvrés suivant la signature, avec la durée, le poste et la rémunération.
- Bulletins de paie et relevés d’heures : pièces couvrant l’ensemble de la période de détachement, utiles pour justifier la rémunération et le temps de travail.
- Attestation SIPSI et formulaire A1 : justificatifs administratifs et sociaux, auxquels peut s’ajouter la Carte européenne d’Assurance Maladie pour les ressortissants de l’UE.
Le contrat doit aussi préciser les modalités de rapatriement, prises en charge par l’ employeur étranger. Dans le secteur de la construction, la carte BTP s’ajoute aux pièces requises.
Responsabilités et sanctions liées au travail détaché en intérim
En France, le cadre du droit social répartit clairement les rôles entre l’ employeur, l’ entreprise de travail temporaire (ou agence de travail temporaire) et le donneur d’ordre. Dans le travail temporaire comme dans le travail détaché, chacun supporte des obligations précises. En cas de manquement, les sanctions peuvent être administratives, financières ou pénales.
Durée du détachement et droits du salarié
La différence entre intérim, détachement et travail tient aussi à la durée d’application des règles françaises. La durée du détachement est fixée à 12 mois, avec une prolongation possible de 6 mois, soit 18 mois au total. À compter du 13e mois, l’ employeur doit appliquer l’essentiel du Code du travail français au salarié, hors règles relatives à la conclusion et à la rupture du contrat.
Après 24 mois cumulés sur un même poste, une période de carence de deux mois s’impose. Le remplacement d’un salarié par un autre ne remet pas le compteur à zéro, même en intérim transfrontalier.
Autorisation de travail pour le travailleur étranger hors UE
Pour un travailleur étranger ressortissant d’un pays hors UE, l’ autorisation de travail intérimaire doit être demandée avant toute prise de poste. La demande relève de l’ entreprise de travail temporaire, via le portail DREETS ou DEETS. En pratique, le délai moyen est d’environ deux mois. Il est donc préférable d’anticiper de trois à quatre mois.
Pour recruter des travailleurs étrangers hors UE, un test du marché du travail est en principe requis : l’offre doit être publiée pendant au moins trois semaines sur France Travail.
- Dossier de demande : formulaire CERFA n°15187*03, passeport, titre de séjour valide, contrat de travail et CV du candidat.
- Candidat résidant à l’étranger : procédure d’introduction, visa de long séjour, puis visite médicale obligatoire auprès de l’OFII avant la prise de poste.
- Ressortissants britanniques : depuis le Brexit, ils relèvent du régime hors UE et suivent la même procédure que tout travailleur étranger non européen.
L’absence d’ autorisation de travail expose à des sanctions lourdes : jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. Le défaut de déclaration préalable peut aussi être requalifié en travail dissimulé. Le risque concerne directement l’ intérimaire étranger, mais aussi son employeur et, selon les cas, l’ entreprise de travail temporaire.
Sanctions et vigilance du donneur d’ordre en France
Le donneur d’ordre doit vérifier la conformité SIPSI du prestataire avant le démarrage de la mission. À défaut, il dispose de 48 heures pour régulariser lui-même la déclaration. Sa responsabilité solidaire peut être engagée si le salaire minimum n’est pas versé malgré une mise en demeure restée sans effet. Cette responsabilité couvre notamment les rappels de salaire et les cotisations sociales.
Pour sécuriser le suivi de l’ intérimaire détaché, trois mesures s’imposent : accueil encadré, contrôle documentaire et évaluation régulière des pratiques.
| Manquement | Sanction applicable | Responsable |
| Absence de déclaration SIPSI | 4 000 € / salarié (8 000 € en cas de récidive) | Employeur étranger + donneur d’ordre |
| Absence de formulaire A1 | Redressement de cotisations sociales en France | Employeur étranger |
| Absence d’ autorisation de travail hors UE | Jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende | Employeur + agence |
| Non-paiement du salaire minimum | Responsabilité solidaire après mise en demeure | Donneur d’ordre |
Foire aux questions
Quelles sont les obligations de déclaration pour un travailleur détaché en intérim ?
Pour toute mission de détachement en France, l’employeur étranger doit effectuer une déclaration SIPSI en ligne au moins 48 heures avant le début de la mission. Il doit aussi désigner un représentant légal en France et remettre le formulaire A1 avant le départ du salarié. Ces obligations s’imposent à l’employeur étranger pour toute mission de travail temporaire en détachement. En cas de manquement, l’employeur s’expose à une amende de 4 000 € par salarié concerné.
Quelle est la différence entre l’intérim classique et le détachement en intérim ?
Dans l’intérim classique, l’intérimaire est recruté par une agence d’intérim établie en France, soumise au droit français. Dans le cadre d’un détachement en intérim, une agence de travail temporaire étrangère, implantée dans l’UE ou l’EEE, envoie temporairement son salarié pour une mission en France. Le contrat reste lié à l’employeur d’origine, mais les règles françaises du travail s’appliquent dès le premier jour.
Comment recruter des travailleurs étrangers via une agence d’intérim légalement ?
Pour recruter des travailleurs étrangers par une agence d’intérim, le régime varie selon la nationalité. Pour un ressortissant de l’UE, une pièce d’identité valide suffit en principe, sans autorisation de travail. Pour un ressortissant hors UE, l’agence de travail temporaire doit demander une autorisation de travail auprès de la DREETS, après publication de l’offre sur France Travail pendant trois semaines. En pratique, il est préférable d’anticiper de trois à quatre mois avant le début de la mission.
