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Recruter du personnel temporaire étranger en France exige de maîtriser plusieurs règles : vérification des titres, demande d’autorisation de travail, obligations déclaratives et droits applicables dès la prise de poste. Nous vous présentons les principales étapes, de l’identification du bon titre de séjour aux risques encourus, afin de sécuriser l’embauche et de respecter le droit du travail français.
Qui peut recruter un salarié étranger
Toute entreprise établie en France peut recruter un salarié étranger, sous réserve de respecter les règles liées à la nationalité et au titre détenu par le candidat. Ce titre détermine la procédure : certains permettent immédiatement une activité salariée, tandis que d’autres imposent des démarches préalables. Cette vérification doit intervenir avant l’embauche.

Les titres de séjour autorisant l’emploi
Pour les entreprises qui recrutent des étrangers en France, le titre de séjour constitue le premier point de contrôle. Les ressortissants étrangers de l’Union européenne, de l’EEE et de la Suisse peuvent travailler en France sur présentation d’une pièce d’identité valide. Depuis le Brexit, les ressortissants britanniques relèvent du régime applicable aux personnes extérieures à l’Union européenne et doivent suivre la procédure prévue pour tout travailleur étranger non européen.
- Carte de résident (10 ans) : elle dispense totalement d’autorisation de travail. Son titulaire peut exercer toute activité professionnelle sans démarche préalable de l’employeur.
- Carte « vie privée et familiale » : elle autorise directement l’exercice d’une activité salariée. L’employeur n’a pas à solliciter d’autorisation de travail.
- Passeport Talent : ce titre dispense également d’autorisation de travail pour les salariés qualifiés ou recrutés par une entreprise innovante. Il est utilisable dès sa délivrance.
- VLS-TS ou carte portant la mention « salarié » : une nouvelle autorisation de travail est nécessaire pour chaque nouveau contrat ou changement d’employeur, même lorsque le titre reste valide.
La carte de séjour temporaire portant la mention « travailleur temporaire » est délivrée pour une durée maximale de douze mois. Elle reste liée au poste et à l’employeur indiqués. Un changement de situation, de poste, d’employeur ou de contrat, notamment un nouveau cdd, entraîne une nouvelle procédure. Avant l’embauche, l’employeur doit vérifier l’authenticité du titre auprès de la préfecture au moins deux jours ouvrables à l’avance, quelle que soit sa nature.
| Type de titre | Autorisation de travail requise | Justificatif suffisant |
| Carte UE / EEE / Suisse | Non | Pièce d’identité valide |
| Carte de résident (10 ans) | Non | Carte de résident en cours de validité |
| Carte « vie privée et familiale » | Non | Carte de séjour en cours de validité |
| Passeport Talent | Non | Titre Talent en cours de validité |
| VLS-TS / carte « salarié » | Oui, à chaque contrat | Autorisation + titre valide |
| Carte « travailleur temporaire » | Oui, à chaque contrat | Autorisation + titre valide |
| Statut réfugié / protection internationale | Non | Document de protection délivré par l’OFPRA |
Le cas des étudiants et des demandeurs d’asile
Un étudiant étranger, à l’exception des ressortissants algériens, peut travailler en France sans autorisation jusqu’à 964 heures par année civile, soit 60 % de la durée annuelle légale de travail. Au-delà, une demande d’autorisation de travail devient obligatoire. Seul un contrat d’apprentissage validé par l’OPCO ou la Dreets relève d’un régime dérogatoire. La limite de 964 heures s’applique à tous les secteurs.
Un demandeur d’asile peut présenter une demande d’autorisation de travail lorsque l’examen de sa demande par l’OFPRA dure depuis plus de six mois et que son attestation de demande d’asile est toujours valide. Le document délivré dans ce cadre, l’attestation de demande de séjour valant autorisation provisoire, reste soumis à l’opposabilité de l’emploi, sauf pour les métiers en tension. La durée d’instruction suit un régime distinct de celui applicable aux autres ressortissants étrangers.
Le séjour et le titre détenus doivent donc être contrôlés avant tout recrutement. Cette étape permet de déterminer si le travailleur étranger peut exercer immédiatement son emploi, s’il doit obtenir une autorisation préalable ou si son contrat, notamment un cdd, est limité à une activité salariée et à un employeur déterminés.
Obtenir l’autorisation de travail avant l’embauche
Pour tout ressortissant hors UE soumis à autorisation, l’employeur doit engager les démarches suffisamment tôt avant la prise de poste. La procédure est entièrement dématérialisée et prévoit deux mois d’instruction officielle, auxquels peuvent s’ajouter les délais liés aux pièces complémentaires. Notre page consacrée à la demande d’autorisation de travail pour un salarié étranger présente les publics concernés, les documents requis et les particularités de l’intérim.
Déposer une demande d’autorisation de travail
La demande d’autorisation de travail se fait exclusivement en ligne, via le portail officiel administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr. Aucune démarche papier en préfecture n’est désormais acceptée. L’employeur doit déposer un dossier complet au moins trois mois avant la date prévisionnelle d’embauche afin de pouvoir répondre à d’éventuelles demandes complémentaires. Les postes inscrits sur la liste des métiers en tension pour l’embauche d’étrangers bénéficient de conditions allégées, notamment de l’exemption du test du marché de l’emploi.
- Délai d’instruction Deux mois à compter du dépôt d’un dossier complet. Au-delà, le silence de l’administration vaut rejet implicite, sauf pour les demandeurs d’asile.
- Interdiction de travailler pendant l’instruction Le travailleur étranger ne peut pas exercer son activité pendant l’examen du dossier, même si son titre de séjour reste valide ou si un recours est engagé.
- Pièces complémentaires L’employeur reçoit un e-mail lorsqu’un document manque. Sans réponse dans les trente jours, le dossier est automatiquement classé sans suite.
Pour un candidat résidant à l’étranger, la procédure doit être finalisée avant toute demande de visa de long séjour valant titre de séjour auprès du consulat français compétent. Après son arrivée en France, le salarié passe une visite médicale obligatoire auprès de l’OFII dans les trois mois suivant son arrivée ou la délivrance de l’autorisation. L’employeur accomplit ensuite la déclaration préalable à l’embauche et, si nécessaire, la demande d’immatriculation auprès de la CPAM ou de la MSA.
Respecter le test du marché de l’emploi
L’opposabilité de la situation de l’emploi oblige l’employeur à publier l’offre pendant au moins trois semaines auprès de France Travail avant le dépôt du dossier. Cette étape doit montrer que le recours à un travailleur étranger se justifie par l’absence de candidats disponibles sur le marché national. Elle constitue l’une des quatre conditions cumulatives d’obtention de l’autorisation, avec le niveau de rémunération, le respect des règles professionnelles et la conformité légale de l’entreprise.
La publication peut toutefois être écartée dans plusieurs cas : lorsque le poste figure sur la liste des métiers en tension arrêtée par les autorités, lorsque le candidat possède certains titres de séjour spécifiques ou lorsque la rémunération dépasse les seuils réglementaires. Les travailleurs saisonniers hors UE sont soumis à la même obligation de publicité. Ces exemptions ne suppriment pas les autres conditions d’obtention de l’autorisation.
Réunir les justificatifs du dossier
Le dossier repose sur une liste précise de documents que l’employeur doit réunir avant le dépôt en ligne. Une pièce manquante retarde l’instruction et peut entraîner un classement sans suite si le délai de réponse de trente jours est dépassé. Pour une profession réglementée, les diplômes ou habilitations requis doivent être joints au dossier. À défaut, un formulaire Cerfa adapté, accompagné du CV, doit être rempli et téléversé. Les règles applicables sont également détaillées dans la délivrance des autorisations de travail pour un salarié étranger, sur le site officiel du Code du travail.
- Formulaire CERFA n°15187*03 Document de base de toute demande d’autorisation de travail, à compléter intégralement puis à téléverser sur le portail dématérialisé.
- Document de séjour ou passeport Titre de séjour valide ou passeport en cours de validité du candidat étranger, selon sa situation administrative au moment de la demande.
- Attestation de vigilance URSSAF Datant de moins de six mois, elle confirme que l’employeur respecte ses obligations sociales. C’est une condition essentielle de recevabilité du dossier.
- Attestation IMOE Elle justifie la publication de l’offre d’emploi pendant trois semaines auprès de France Travail lorsque l’opposabilité de la situation de l’emploi s’applique.
Pour un salarié résidant hors de France, les justificatifs étrangers du candidat, passeport, diplômes et CV, doivent être joints au dossier avec l’attestation sociale de l’employeur.
Recruter des salariés étrangers en intérim
L’intérim est l’une des voies les plus utilisées pour le recrutement de personnel temporaire étranger en France, notamment dans les secteurs confrontés à une forte tension de main-d’œuvre. Ce dispositif obéit aux mêmes règles que l’embauche directe concernant le titre de séjour et l’autorisation de travail, tout en ajoutant les obligations propres à la relation entre l’agence, le salarié et l’entreprise utilisatrice. La maîtrise de ces règles est indispensable pour mobiliser rapidement des profils étrangers qualifiés.

Le cas de l’emploi salarié roumain
La Roumanie étant membre de l’Union européenne, pour un emploi de salarié roumain en France, aucune demande d’autorisation de travail préalable n’est nécessaire. Une pièce d’identité ou un passeport en cours de validité suffit à justifier le droit de travailler en France. L’employeur reste toutefois soumis aux formalités ordinaires d’embauche applicables à tout salarié.
Le recrutement d’un travailleur roumain implique les mêmes démarches administratives que pour un salarié français : déclaration préalable à l’embauche (DPAE), inscription au registre unique du personnel et respect des conditions prévues par le Code du travail. L’égalité de traitement s’applique pleinement, notamment pour la rémunération minimale fixée à 11,65 € bruts par heure en 2024, les durées de travail et les repos obligatoires.
- Justificatif requis Une pièce d’identité ou un passeport roumain en cours de validité suffit; aucun titre de séjour spécifique ni demande d’autorisation de travail n’est exigé.
- DPAE obligatoire La déclaration préalable à l’embauche doit être transmise à l’URSSAF avant toute prise de poste, dans les mêmes délais que pour un salarié français.
- Registre du personnel Les justificatifs administratifs du salarié étranger doivent être annexés au registre unique du personnel afin de faciliter les contrôles éventuels de l’inspection du travail.
- Indemnités en intérim En contrat d’intérim, le salarié roumain perçoit l’indemnité de fin de mission (10 %) et l’indemnité compensatrice de congés payés (10 %), comme tout autre intérimaire.
Dans les secteurs soumis à des qualifications spécifiques (santé, transport ou BTP), la vérification des compétences et des diplômes reste indispensable. Une agence spécialisée peut prendre en charge cette évaluation, réduire les délais de mobilisation à environ cinq à sept jours selon son domaine d’intervention et suivre l’intégration dès l’arrivée du travailleur.
Sécuriser la mise à disposition temporaire
Que le salarié soit recruté directement ou par une agence, l’entreprise utilisatrice assume des obligations spécifiques en matière d’égalité de traitement et de conditions de travail. Elle doit vérifier que les conditions essentielles de la mission, rémunération, durée du travail, santé et sécurité, respectent les règles françaises en vigueur. Notre guide consacré au recrutement de travailleurs étrangers temporaires présente le cadre juridique, les secteurs en tension et le rôle des agences spécialisées.
- Durée légale du travail La durée légale de 35 heures hebdomadaires s’applique. Les heures supplémentaires donnent lieu à une majoration minimale de 25 %, conformément au Code du travail.
- Congés et jours fériés Le salarié temporaire bénéficie d’au moins 25 jours ouvrables de congés payés annuels, ainsi que des protections liées à la maternité, à la paternité et aux libertés individuelles.
- Frais de mission Les frais de transport, d’hébergement et de repas restent à la charge de l’employeur. Aucune retenue ne peut être opérée sur la rémunération du salarié à ce titre.
Une agence fiable doit démontrer sa maîtrise du suivi documentaire, sa spécialisation sectorielle et sa transparence sur la rémunération et les conditions applicables. Les délais de mobilisation varient selon la structure : cinq jours pour une agence généraliste, sept jours pour une agence spécialisée par secteur et dix jours pour une agence multi-pays. Ce délai constitue un indicateur opérationnel concret lors du choix d’un partenaire de recrutement.
Gérer un salarié détaché temporairement
Le détachement temporaire relève d’un régime juridique distinct de l’intérim classique. Il impose des obligations déclaratives, sociales et documentaires spécifiques. L’employeur étranger conserve le lien contractuel avec le salarié, tandis que l’entreprise utilisatrice française applique les règles essentielles du droit du travail local. Une mauvaise qualification du dispositif expose toutes les parties à des sanctions financières et pénales importantes.

Distinguer le détachement de l’intérim français
Lorsqu’un travailleur étranger est mis à disposition, la distinction entre détachement et intérim français dépend principalement du lieu d’établissement de l’employeur. En intérim classique, l’agence est établie en France et relève pleinement du droit français.
Le détachement repose sur la directive 96/71/CE, révisée par la directive 2018/957/UE. Ces textes imposent l’application d’un noyau dur de règles locales. L’intérim détaché constitue l’un des trois cas reconnus de détachement, avec la prestation directe et la mobilité intragroupe.
Déclarer la mission via SIPSI
Toute mission de détachement doit être déclarée au préalable via SIPSI, exclusivement en ligne, au moins 48 heures avant son commencement. La reconnaissance des qualifications étrangères du salarié détaché doit être vérifiée en amont, notamment pour les professions réglementées, puis les justificatifs doivent être intégrés au dossier. L’absence de déclaration expose l’employeur étranger et le donneur d’ordre français à une amende de 4 000 € par salarié concerné.
- Contenu de la déclaration SIPSI : identification complète de l’entreprise étrangère, liste des salariés (noms, nationalité, poste et durée prévue) ainsi que coordonnées d’un représentant légal en France habilité à échanger avec l’inspection du travail.
- Formulaire A1 : il prouve le maintien de l’affiliation du salarié détaché au régime de sécurité sociale de son pays d’origine. Il doit être obtenu avant le départ et reste valable au maximum 24 mois. À défaut, un redressement de cotisations sociales est possible.
- Responsabilité du donneur d’ordre : celui-ci doit vérifier la conformité SIPSI du prestataire avant le début de la mission. S’il constate une anomalie, il dispose de 48 heures pour régulariser lui-même la déclaration manquante.
- Conservation des documents : le contrat traduit en français, les bulletins de paie, les relevés d’heures, l’attestation SIPSI et le formulaire A1 doivent être conservés pendant au moins trois ans. Dans la construction, la carte BTP s’ajoute aux pièces requises.
Dans le secteur de la construction, la carte BTP doit être produite dès la prise de poste. Le donneur d’ordre qui ne vérifie pas la conformité de son prestataire peut être sanctionné dans les mêmes conditions que l’employeur étranger défaillant.
Garantir les droits du salarié détaché
Dès le premier jour, le salarié détaché bénéficie du noyau dur du droit du travail français : rémunération minimale fixée au SMIC, soit 11,65 € bruts par heure en 2024, durée légale de 35 heures hebdomadaires, temps de repos obligatoires et règles de santé et de sécurité. La directive européenne de 2018 impose également l’égalité de traitement salarial avec les salariés locaux occupant le même poste.
Le détachement est prévu pour 12 mois, avec une prolongation possible de 6 mois, soit 18 mois au total. À partir du 13e mois, l’employeur doit appliquer l’essentiel du Code du travail français, à l’exception des règles relatives à la conclusion et à la rupture du contrat de travail. Au-delà de 24 mois cumulés sur un même poste, quelle que soit la rotation des salariés successifs, une période de carence de deux mois s’impose avant toute nouvelle affectation.
Pour approfondir le cadre légal, les formalités et les responsabilités des employeurs, consultez le guide complet sur l’intérim détaché travailleurs étrangers. Les frais de transport, d’hébergement et de repas liés à la mission restent exclusivement à la charge de l’employeur étranger. Aucune retenue sur salaire ne peut être effectuée à ce titre.
Respecter le contrat et le titre de séjour
L’autorisation de travail et le titre de séjour d’un salarié étranger forment un ensemble indissociable. L’employeur doit les surveiller de l’embauche jusqu’à la fin de la relation contractuelle. Toute évolution, changement de statut, nouveau poste ou prolongation de mission, peut entraîner de nouvelles obligations administratives. Une veille rigoureuse limite les risques d’irrégularité et de sanction.
Les conditions imposées à l’employeur
Quatre conditions cumulatives encadrent la délivrance de l’autorisation de travail : la situation de l’emploi, le niveau de rémunération, les règles d’exercice de la profession et la conformité légale de l’entreprise. La rémunération ne peut être inférieure au SMIC ni au salaire minimal prévu par la convention collective applicable. Aucun ajustement à la baisse n’est donc possible pour un travailleur étranger. Dans les professions réglementées, l’employeur doit aussi vérifier les diplômes, habilitations ou autorisations nécessaires à l’exercice légal de l’activité en France.
- Vérification du titre de séjour L’employeur doit contrôler l’authenticité du document auprès de la préfecture, en envoyant une copie recto verso au moins deux jours ouvrables avant toute embauche d’un salarié étranger.
- Conformité sociale de l’entreprise L’attestation de vigilance de l’URSSAF, datant de moins de six mois, doit figurer dans le dossier. L’entreprise ne doit pas avoir fait l’objet d’une condamnation pour travail illégal ou pour une infraction grave en matière de santé et de sécurité.
- Taxe OFII Lors du premier recrutement d’un salarié résidant hors de France, l’employeur doit acquitter une taxe. Son montant dépend de la durée et de la rémunération prévues au contrat : 74 € pour un CDD court, ou 55 % du salaire mensuel pour un CDI ou un CDD d’au moins 12 mois.
- Immatriculation sociale Si le salarié étranger n’a jamais été immatriculé en France, l’employeur doit demander son immatriculation auprès de la CPAM ou de la MSA avant sa prise de poste effective.
Pour embaucher un salarié étranger résidant à l’étranger, l’employeur doit d’abord obtenir l’autorisation de travail. Le salarié demande ensuite un visa de long séjour valant titre auprès du consulat français compétent. Après son arrivée, il doit passer la visite médicale obligatoire auprès de l’OFII dans les trois mois suivant cette arrivée ou la délivrance de l’autorisation. Ce séjour d’un salarié étranger nouvellement arrivé conditionne la régularité de sa situation administrative dès le début du contrat.
Renouveler selon la durée du séjour
La durée de l’autorisation de travail correspond à celle du contrat ou de la mission confiée au salarié étranger. Un renouvellement peut être accordé pour douze mois supplémentaires, à condition d’être demandé au moins deux mois avant l’échéance de l’autorisation en cours. Cette anticipation évite une interruption des droits entre deux autorisations successives.
Un changement de statut, l’arrivée d’un nouvel employeur, un nouveau poste ou une modification importante des conditions de travail exigent une nouvelle demande d’autorisation de travail, même si le titre de séjour reste valide. Un avenant au contrat qui modifie substantiellement le poste ou ses conditions déclenche également une nouvelle procédure. L’autorisation n’est pas automatiquement transférable d’un employeur à un autre.
Une autorisation délivrée pour un territoire d’Outre-mer est limitée à ce territoire. Travailler en métropole exige une nouvelle demande, et l’inverse est également vrai : une autorisation métropolitaine ne couvre pas une mission en Outre-mer. Cette contrainte doit être intégrée dès la planification du recrutement, notamment pour les contrats prévoyant des déplacements entre plusieurs territoires.
Éviter les sanctions liées à l’emploi irrégulier
L’emploi irrégulier d’un ressortissant étranger dépourvu d’une autorisation de travail valide expose l’employeur à cinq ans d’emprisonnement et à 30 000 € d’amende pour une personne physique. Les peines peuvent atteindre dix ans et 100 000 € en cas de bande organisée. Des sanctions administratives peuvent s’y ajouter : contribution spéciale de 2 000 à 15 000 fois le taux horaire du SMIC, contribution forfaitaire de réacheminement pouvant atteindre 2 553 €, et fermeture administrative de l’établissement sur décision de l’autorité compétente. La loi du 26 janvier 2024 a instauré une amende administrative spécifique.
En matière de détachement, l’absence de déclaration SIPSI entraîne une amende de 4 000 € par salarié concerné, portée à 8 000 € en cas de récidive. Elle peut viser l’employeur étranger comme le donneur d’ordre français qui n’a pas vérifié cette formalité. L’absence du formulaire A1 peut entraîner un redressement de cotisations sociales en France, imputé à l’employeur étranger. Le défaut de déclaration préalable peut enfin être requalifié en travail dissimulé, ce qui aggrave la situation pénale et administrative de toutes les parties.
Foire aux questions
Un employeur peut-il embaucher un étranger sans titre de travail en France ?
Non, sauf s’il s’agit d’un ressortissant de l’Union européenne, de l’EEE ou de la Suisse, ou d’un étranger titulaire d’un titre dispensant d’autorisation de travail. Sont notamment concernés la carte de résident valable dix ans, la carte « vie privée et familiale », le statut de réfugié et le Passeport Talent.
Pour tout autre ressortissant étranger hors UE, l’employeur doit vérifier que le titre de séjour autorise l’activité envisagée. Si ce n’est pas le cas, il doit demander une autorisation de travail sur le portail officiel de l’administration avant toute prise de poste. Embaucher un salarié étranger sans titre valide expose l’employeur à de lourdes sanctions pénales et administratives, pouvant aller jusqu’à la fermeture de l’établissement.
Quels sont les délais pour obtenir une autorisation de travail pour un travailleur temporaire ?
L’instruction prend officiellement deux mois à compter du dépôt d’un dossier complet sur le portail dématérialisé de l’administration. Sans réponse à l’issue de ce délai, la demande est implicitement rejetée, sauf pour les demandeurs d’asile, soumis à un régime distinct.
Nous recommandons à l’employeur de déposer le dossier au moins trois mois avant la date prévisionnelle d’embauche. Ce délai permet de répondre aux éventuelles demandes de pièces complémentaires : le demandeur dispose alors de trente jours avant un classement automatique sans suite. Le salarié étranger ne peut pas commencer à travailler pendant l’instruction, même si son titre de séjour en cours reste valide.
Qu’est-ce que la carte de séjour temporaire « travailleur temporaire » et à qui s’applique-t-elle ?
La carte de séjour temporaire portant la mention « travailleur temporaire » est délivrée aux ressortissants étrangers hors UE, EEE et Suisse qui disposent d’un contrat à durée déterminée en France. Son obtention suppose une autorisation de travail demandée par l’employeur établi en France. Sa durée maximale est de douze mois.
Ce titre reste attaché au poste et à l’employeur indiqués dans l’autorisation. Un changement de statut, un nouvel employeur, un nouveau CDD ou une modification du poste nécessite donc une nouvelle procédure d’autorisation de travail. Les ressortissants algériens ne peuvent pas obtenir ce titre spécifique : ils relèvent d’un régime conventionnel distinct.
