CDI intérimaire : salaire en mission et rémunération garantie

Sommaire

Comprendre le salaire d’un CDI intérimaire suppose de distinguer deux situations : la rémunération perçue pendant une mission chez un client et le montant garanti versé entre deux affectations. Cet article présente ces deux volets, les droits maintenus durant les périodes creuses et les différences entre le CDI intérimaire et l’intérim classique. Vous pourrez ainsi évaluer ce statut avec davantage de recul. Consultez également les fiches pratiques emploi sur Service Public pour accéder à des repères officiels.

Comment fonctionne un CDI intérimaire

Le CDI intérimaire, ou CDII, associe la stabilité d’un contrat à durée indéterminée à la diversité des affectations propres au travail temporaire. Conclu directement avec l’entreprise de travail temporaire, il alterne les missions chez des entreprises clientes et les périodes d’intermission rémunérées. Pour approfondir ce statut, les avantages du CDI intérimaire sont présentés en détail sur notre site.

Entrevue professionnelle en bureau: un homme en chemise bleue signe des documents avec une interlocutrice, sur le thème du CDI intérimaire salaire et rémunération garantie.

Le contrat avec l’agence

La durée indéterminée intérimaire repose sur un contrat de travail écrit, conclu entre le salarié et l’agence d’intérim. Ce dispositif peut être présenté comme un CDI temporaire, par opposition aux missions ponctuelles de l’intérim classique. Pérennisé par l’article 116 de la loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018, il relève à la fois du droit commun du CDI et des règles propres au travail temporaire.

  • Mentions obligatoires Le contrat doit préciser les compétences et qualifications du salarié, les emplois visés, le périmètre de mobilité, généralement 40 km, ainsi que le montant de la rémunération mensuelle minimale garantie.
  • Choix des emplois Le salarié peut sélectionner jusqu’à trois types d’emploi différents auxquels il est susceptible d’être affecté, selon les mentions prévues au contrat.
  • Employeur unique L’agence d’intérim reste l’employeur légal du salarié, y compris pendant les missions. Elle établit le bulletin de paie et verse le salaire.
  • Durée des affectations Grâce à la durée d’un CDI intérimaire, une lettre de mission peut s’étendre jusqu’à 36 mois chez une même entreprise utilisatrice, contre 18 mois maximum en intérim classique.

Le salarié est mis à disposition d’entreprises clientes successives, mais son lien contractuel avec l’agence ne disparaît pas entre deux affectations. Cette continuité distingue le CDII d’une succession de contrats courts. Le CDI intérimaire apporte ainsi une sécurité de revenu que l’intérim classique ne garantit pas entre deux missions.

La lettre de mission

Pour chaque affectation, une lettre de mission est remise au salarié avant la prise de poste. Elle précise l’entreprise utilisatrice, le poste occupé, les horaires applicables et les conditions de rémunération propres à l’affectation. Ce document remplace le contrat de mission traditionnel de l’intérim classique.

La lettre de mission formalise chaque nouvelle affectation sans modifier le contrat de travail conclu avec l’agence. Lorsqu’une mission qui ne correspond pas aux critères contractuels est néanmoins acceptée par le salarié, une période probatoire s’applique automatiquement : deux jours pour une mission inférieure à un mois, trois jours pour une mission d’un à deux mois et cinq jours pour une mission plus longue.

Rémunération garantie entre deux missions

L’une des principales caractéristiques du CDII réside dans le revenu versé pendant les périodes sans affectation. Cette protection, absente de l’intérim classique, garantit au salarié un plancher mensuel, même lorsqu’aucune entreprise cliente ne le mobilise.

CDI intérimaire: affichage des modalités, rémunération garantie entre missions et salaire selon contrat selon les types (intérimaire, classique, CDI, intérim classique) sans garantie pour certaines.

Le montant minimal mensuel

La rémunération mensuelle minimale garantie, également appelée RMMG ou GMMR, est calculée à partir du Smic en vigueur et du nombre d’heures correspondant à la durée légale de 35 heures par semaine, soit 151,67 heures pour le mois considéré. En 2025, le montant atteint 1 801,80 € brut par mois à temps plein, soit environ 1 425,67 € net. Il s’agit d’un salaire mensuel minimum opposable à l’agence, quelle que soit l’activité du salarié.

Ce seuil varie selon la catégorie professionnelle. Pour les ouvriers et les employés, il correspond à 100 % du Smic à temps plein. La garantie minimale est majorée de 15 % pour les agents de maîtrise et les techniciens, puis de 25 % pour les cadres. Ces écarts de qualification doivent figurer dans le contrat de travail initial et ne peuvent pas être modifiés unilatéralement par l’agence.

Le salaire minimum garanti constitue un plancher, jamais un plafond. Pendant une mission active, le salaire perçu au titre du travail intérimaire en France peut dépasser ce seuil, car il dépend alors du taux horaire appliqué dans l’entreprise utilisatrice, parfois nettement supérieur au Smic. La RMMG intervient uniquement lorsque les rémunérations perçues au titre des missions ne suffisent pas à atteindre le seuil mensuel.

Le complément versé en intermission

La RMMG ne s’ajoute pas intégralement aux salaires déjà perçus au cours du même mois. Les rémunérations liées aux périodes de mission sont déduites de la garantie mensuelle. L’agence verse donc uniquement le complément nécessaire pour atteindre le seuil prévu au contrat. Si les revenus de mission couvrent déjà ce seuil, aucun complément n’est dû.

Plus le salarié effectue d’heures en mission durant le mois, plus le complément d’intermission diminue. À l’inverse, une activité réduite augmente ce complément. Le montant versé dépend donc de l’activité réelle, sans pouvoir descendre sous la rémunération garantie prévue au contrat.

Les droits maintenus entre missions

Pendant l’intermission, le salarié conserve aussi ses droits sociaux. Contrairement à une succession de contrats courts en intérim classique, les périodes sans affectation sont prises en compte comme du temps de travail effectif pour l’ancienneté et les congés payés.

  • Congés payés Les droits s’acquièrent à raison de 2,08 jours ouvrés par mois, y compris pendant les périodes d’intermission, soit cinq semaines de congés par an.
  • Retraite et Sécurité sociale Les cotisations de retraite, d’assurance maladie et de Sécurité sociale sont versées en continu pendant les intermissions, comme pour un salarié en CDI classique.
  • Mutuelle d’entreprise La couverture santé complémentaire reste active entre deux affectations, sans interruption de garantie.
  • Accès au crédit Le statut de salarié en CDI intérimaire est assimilé à un CDI par de nombreux établissements bancaires. Il peut ainsi faciliter les démarches liées au logement et l’obtention d’un crédit immobilier.

Elle s’accompagne d’une continuité de protection sociale que l’intérim classique, par nature discontinu, n’offre pas entre deux missions. Cette couverture explique notamment l’absence de l’indemnité de précarité habituellement associée aux contrats temporaires, comme nous l’expliquons dans la section « Avantages et limites du CDI intérimaire ».

Pour mesurer concrètement l’impact financier de ces droits dans la durée, les témoignages sur le CDI intérimaire présentent des retours d’expérience de salariés en CDII.

Salaire de l’intérimaire pendant une mission

Dès qu’une mission commence, la rémunération repose sur le taux horaire pratiqué dans l’entreprise utilisatrice, et non plus uniquement sur la garantie mensuelle. Le principe d’égalité de traitement s’applique : le salarié peut aussi percevoir les primes liées aux conditions particulières du poste. Le salaire se distingue par son calcul, son versement et sa comparaison avec celui d’un intérimaire classique.

Calculatrice et fiche de paie sur un bureau en bois, près d’un stylo, évoquant le salaire en CDI intérimaire.

Le taux appliqué chez le client

La principale différence entre l’intérim et le CDI intérimaire tient moins au taux horaire qu’au fonctionnement du contrat entre deux missions. Pendant la mission, ce taux doit être au moins égal à celui qu’un salarié de qualification équivalente percevrait dans l’entreprise utilisatrice après sa période d’essai. Le salaire de mission peut donc dépasser nettement la rémunération minimale garantie, selon le secteur et le poste.

Primes, heures et versement

Le salaire de base est calculé en multipliant le taux horaire brut par le nombre d’heures réellement travaillées, d’après le relevé validé par l’entreprise utilisatrice. Plusieurs éléments peuvent s’ajouter à ce montant :

  • Primes liées aux conditions de travail Le travail de nuit, les jours fériés, les astreintes, le travail du dimanche et les primes de risque peuvent compléter le taux de base, selon les règles applicables chez le client.
  • Heures supplémentaires Les heures effectuées au-delà de 35 heures par semaine sont majorées, généralement à 25 % pour les quatre premières heures supplémentaires hebdomadaires.
  • Versement et acompte L’agence d’intérim effectue au minimum deux virements mensuels, avec un délai maximal de 16 jours entre deux règlements. Un acompte de 70 à 80 % du net estimé peut être demandé à tout moment.

L’agence d’intérim établit le bulletin de salaire et assure le paiement, même lorsque le salarié travaille dans les locaux de l’entreprise utilisatrice. Dans le cadre d’un CDI intérimaire, les responsabilités sont ainsi réparties : l’entreprise cliente valide les heures et l’agence règle la rémunération. Pour les exemples chiffrés concernant 35 et 39 heures hebdomadaires, le calcul du salaire en intérim donne les montants détaillés.

Comparaison avec l’intérim classique

La différence principale concerne les indemnités de fin de contrat. En intérim classique, l’indemnité de fin de mission représente 10 % du salaire de base. L’indemnité compensatrice de congés payés correspond à 10 % du total formé par le salaire de base et l’IFM. À taux horaire identique, l’avantage brut théorique atteint donc environ 20 %. Le CDI intérimaire ne verse pas ces deux indemnités sur la mission.

Pour un contrat à 35 heures au Smic 2026, soit 12,02 € brut de l’heure et 151,67 heures mensuelles, un intérimaire classique perçoit environ 2 206 € brut au total. Le salarié en CDI intérimaire touche environ 1 823 € de salaire de base. À 39 heures avec heures majorées, le brut total atteint environ 2 502 € en intérim classique, contre environ 2 068 € de salaire de base brut.

Critère Intérim classique CDI intérimaire
Taux horaire en mission Égalité de traitement avec le client Égalité de traitement avec le client
Indemnité de fin de mission (IFM) 10 % du salaire de base Non versée
Indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) 10 % du total (base + IFM) Non versée (congés dans le CDI)
Rémunération minimale entre missions Aucune RMMG : 1 801,80 € brut/mois (2025)
Continuité des droits sociaux Interrompue entre contrats Continue (retraite, santé, ancienneté)
Brut total estimé à 35h/Smic 2026 ≈ 2 206 € brut/mois ≈ 1 823 € brut/mois (+ RMMG si creux)

Un intérimaire qui enchaîne les missions sans interruption peut perdre environ 20 % de rémunération brute en passant au CDI intérimaire. En revanche, lorsque des périodes creuses apparaissent, la rémunération minimale garantie compense partiellement cet écart et maintient la continuité des droits sociaux.

Avantages et limites du CDI intérimaire

Le CDI intérimaire permet d’accéder à une stabilité financière et sociale dans le travail temporaire, mais ce dispositif comporte aussi des contreparties contractuelles.

Pourquoi les primes de précarité disparaissent

La disparition des indemnités de précarité constitue l’un des principaux inconvénients du CDI intérimaire. L’article L1251-58-4 du Code du travail exclut explicitement l’IFM et l’ICCP pour ce statut. La stabilité du contrat à durée indéterminée et la garantie mensuelle remplacent ainsi la compensation habituellement associée à la précarité de l’intérim classique.

  • Absence d’IFM, L’indemnité de fin de mission, fixée à 10 % du salaire de base, n’est jamais versée, quelle que soit la durée de l’affectation ou le taux horaire appliqué.
  • Absence d’ICCP à la fin de chaque mission, Les congés payés sont acquis et gérés dans le cadre du CDI. Ils ne donnent donc pas lieu à une indemnité versée à la fin de chaque mission, comme dans l’intérim classique.
  • Écart brut d’environ 20 %, À taux horaire identique, la rémunération brute totale d’un intérimaire classique dépasse d’environ 20 % celle d’un salarié en CDI intérimaire sur une même période travaillée.
  • Contrepartie structurée, Cette différence est compensée par la rémunération minimale garantie pendant l’ intermission, la continuité des droits sociaux et le statut de CDI, qui facilite l’accès au crédit et au logement.

Le CDI intérimaire auprès d’une agence de travail temporaire convient donc moins aux intérimaires expérimentés qui optimisent leurs revenus grâce aux primes de précarité qu’aux profils recherchant une stabilité durable. La durée moyenne d’occupation de ce statut est de huit mois. Les sorties se font à 84 % par démission, ce qui traduit une usure du modèle chez une partie des salariés. Le taux d’acceptabilité est ainsi passé de 73 % en 2014 à 46 % en 2022.

Le refus d’une mission conforme

Le salarié en CDI intérimaire doit rester joignable pendant les périodes d’ intermission et accepter les affectations conformes à son contrat de travail. Le refus d’une mission est strictement encadré : il n’est légitime que dans des situations définies, et ses conséquences peuvent être importantes.

  • Seuil de rémunération, Le salarié peut refuser une mission si le taux horaire proposé est inférieur à 70 % de celui de sa dernière mission, sans pouvoir être inférieur au Smic en vigueur.
  • Qualification non conforme, Lorsque la qualification demandée ne correspond pas à celle prévue au contrat, le refus est légitime et ne peut entraîner de sanction.
  • Hors périmètre de mobilité, Une mission située au-delà de la zone de mobilité convenue au contrat, généralement 40 km, peut être refusée sans conséquence disciplinaire.
  • Refus injustifié, Un refus qui ne relève d’aucun de ces cas peut être assimilé à une absence injustifiée et déclencher une procédure disciplinaire, allant jusqu’à la rupture du contrat à durée indéterminée.

Un déménagement au-delà du périmètre contractuel nécessite donc une renégociation avec l’ agence d’intérim afin de modifier la zone de mobilité. À défaut, les obligations initiales demeurent applicables.

Choisir selon sa situation

Le CDI intérimaire associe diversité des postes et sécurité de revenu. Un salarié dont les compétences sont très recherchées et qui enchaîne les missions sans interruption importante peut avoir intérêt à conserver les 20 % d’indemnités supplémentaires de l’intérim classique. À l’inverse, une personne exposée aux variations saisonnières d’activité peut trouver dans la rémunération garantie pendant l’intermission une protection financière concrète.

La rémunération minimale d’un CDI intérimaire et la continuité sociale qu’il offre présentent des avantages tangibles pour les salariés qui privilégient la stabilité : accès au crédit immobilier, couverture santé sans interruption et droits à la retraite continus. Le contrat à durée indéterminée conclu avec une agence de travail temporaire constitue ainsi une solution intermédiaire entre la flexibilité de l’intérim et la sécurité d’un CDI classique.

Foire aux questions

Quel est le salaire minimum garanti en CDI intérimaire en 2025 ?

En 2025, la rémunération mensuelle minimale garantie (RMMG) s’élève à 1 801,80 € brut par mois pour un temps plein, soit environ 1 425,67 € net. Ce montant est calculé sur la base du Smic et de 151,67 heures mensuelles. Il s’applique aux ouvriers et aux employés, avec une majoration de 15 % pour les agents de maîtrise et de 25 % pour les cadres. Cette garantie est versée chaque mois, y compris lorsqu’aucune mission n’est effectuée pendant la période concernée.

Comment est calculé le salaire pendant une mission en CDI intérimaire ?

Pendant une mission, le salaire repose sur le taux horaire brut appliqué dans l’entreprise utilisatrice pour un poste équivalent, multiplié par le nombre d’heures réellement travaillées. Des primes peuvent s’ajouter selon les règles de l’entreprise cliente : travail de nuit, jours fériés, dimanche ou exposition à certains risques. La rémunération versée pendant la mission peut ainsi dépasser sensiblement le salaire minimum garanti. L’agence établit le bulletin de paie et effectue le versement, avec au minimum deux règlements par mois.

Pourquoi un CDI intérimaire ne perçoit-il pas l’indemnité de fin de mission ?

L’article L1251-58-4 du Code du travail exclut explicitement l’IFM et l’ICCP pour le CDI intérimaire. Ces indemnités compensent la précarité des contrats courts de l’intérim classique. Or, le CDII garantit au salarié une continuité de revenu entre les missions grâce à la rémunération mensuelle minimale garantie, ainsi qu’une continuité de ses droits sociaux. Le dispositif considère donc que cette sécurité remplace les primes de précarité, même si l’écart brut peut atteindre environ 20 % à taux horaire identique.

Peut-on refuser une mission proposée par l’agence en CDI intérimaire ?

Oui, mais dans un cadre précis. Le salarié peut refuser une mission si le taux horaire proposé est inférieur à 70 % de celui de la dernière mission, si la qualification demandée ne correspond pas à celle prévue dans le contrat de travail, ou si le lieu se situe en dehors du périmètre de mobilité défini par le contrat. Dans les autres situations, le refus peut être assimilé à une absence injustifiée. Il peut alors entraîner une sanction disciplinaire, voire la rupture du contrat.

Quels droits sociaux sont maintenus pendant les périodes d’intermission ?

Les périodes d’intermission sont assimilées à du temps de travail effectif. Elles alimentent le compteur de congés payés, 2,08 jours ouvrés par mois, et l’ancienneté. Les cotisations de retraite, d’assurance maladie et de Sécurité sociale continuent également de s’accumuler. La mutuelle d’entreprise reste active sans interruption. Ce maintien des droits sociaux constitue l’un des principaux avantages du CDII par rapport à une succession de missions courtes en intérim classique, où chaque fin de contrat peut interrompre la couverture.


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